Tueuse à gages et Kimchi

Cette semaine, je me suis lancée dans la lecture de La Bouchère de Kang Jiyoung, publié aux éditions Belladone. J’ai immédiatement été séduite par le point de départ : une femme coréenne proche de la retraite, une série de coups de couteau et un emploi dans une agence qui paraît, à première vue, tout à fait respectable.

C’est avant tout l’histoire de Madame Shim. Après le décès de son mari, elle perd brutalement son emploi dans une boucherie de Séoul. La nouvelle lui tombe dessus du jour au lendemain et, financièrement, elle n’a aucune marge de manœuvre. Elle doit encore économiser pour les études universitaires de ses deux grands enfants, rembourser quelques dettes et faire face aux dépenses du quotidien. Malgré ses recherches, elle peine à retrouver un emploi : les compétences qu’elle a développées toute sa vie ne sont plus vraiment recherchées. Elle est donc prête à accepter n’importe quel travail, tant qu’il lui permet de mettre régulièrement un repas sur la table.
Un jour, une annonce mystérieuse attire son attention. Après tout, elle estime n’avoir plus rien à perdre et décide de tenter sa chance. C’est ainsi qu’elle pousse les portes de l’agence Smile, une agence de détectives qui semble tout ce qu’il y a de plus classique. Le patron est accueillant, le jeune collègue sympathique… Pourtant, cette agence n’est qu’une façade. On y retrouve bien des personnes, mais uniquement pour les assassiner. Voilà le véritable métier de Madame Shim.
Finalement, son habileté avec les couteaux de boucher lui ouvre les portes d’un tout nouvel univers : celui des tueurs à gages. Elle n’a pas le profil habituel pour ce genre de travail, et c’est justement ce qui fait sa force. Son apparence de grand-mère inoffensive lui permet d’approcher ses cibles sans éveiller le moindre soupçon.

Sur Goodreads, je n’ai pas attribué une note très élevée à cette lecture. J’ai vraiment apprécié le concept d’une femme qui devient tueuse à gages pour subvenir aux besoins de sa famille, mais c’est la structure du roman qui m’a posé problème.
Au début, tout laisse penser que nous allons suivre l’évolution de Madame Shim, depuis la perte de son emploi jusqu’à ses premières missions. Or, très rapidement, elle passe au second plan. Le récit s’attarde alors sur ses futures victimes : leur histoire, les événements qui les conduisent à devenir des cibles, puis leur dernière rencontre avec Madame Shim.

En soi, l’idée est intéressante. J’aurais même pu beaucoup l’apprécier si elle avait été amenée plus progressivement. Mais le changement est tellement brutal que je me suis retrouvée déstabilisée. On passe de Madame Shim à un parfait inconnu sans vraiment comprendre que le point de vue vient de changer durablement.
Bien sûr, on la retrouve à la fin de chaque chapitre, lorsqu’elle accomplit sa mission, ainsi que dans quelques passages consacrés à son entourage. À cela s’ajoute une guerre d’influence entre différentes agences de « détectives », ce qui rend l’ensemble parfois un peu confus.
En parcourant quelques avis après ma lecture, je me suis rendu compte que je n’étais pas la seule à avoir été frustrée par cette construction narrative. C’est un point qui revient assez souvent, et je comprends désormais pourquoi.

Côté esthétique, en revanche, j’ai eu un vrai coup de cœur pour la couverture. J’en ai même profité pour lui offrir un petit upgrade en testant une nouvelle lubie créative avec quelques strass. Rien que pour ça, j’aurais presque envie de remonter ma note ! Plus sérieusement, cette lecture m’a aussi permis de découvrir une maison d’édition que je ne connaissais pas et dont j’ai désormais bien envie d’explorer le catalogue.

Et vous, qu’avez-vous pensé de ce roman ?

Bon week-end,
Judith

Laisser un commentaire

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑