On voyait Transylvania de Nicolas Beuglet passer un peu partout et, en bonne lectrice influençable, j’ai bien évidemment tenté l’aventure.
Je suis tombée dessus par hasard en librairie. Entre ce titre évocateur, la mention de la Transylvanie et cette couverture représentant un château enneigé sous la pleine lune, ma curiosité a immédiatement été piquée. Ce n’est pas le premier roman de Nicolas Beuglet que je lis : j’avais déjà découvert Le Cri, comme beaucoup de lecteurs de la blogosphère livresque. Je n’en gardais pas un souvenir particulièrement marquant, mais il ne m’avait pas laissé une mauvaise impression.
En rentrant chez moi, j’ai tout de même jeté un œil à la note Goodreads de Transylvania et j’ai été assez surprise de découvrir un modeste 3,5/5. Après lecture, je dois avouer que cette note me paraît peut-être même un peu généreuse.
Pourtant, tout semblait réuni pour me plaire et j’ai réellement apprécié la première partie du roman. On y suit Mina — une référence à Dracula difficile à manquer —, une jeune inspectrice roumaine fraîchement promue et déterminée à faire ses preuves. Lorsqu’un meurtre est commis au château de Bran, présenté comme le célèbre château de Dracula, elle est chargée de l’enquête. Elle découvre rapidement que la victime est un homme influent, notamment dans le milieu de la tech. Une affaire de taille pour une inspectrice aussi jeune, mais Mina ne se laisse pas impressionner et accumule les pistes à une vitesse impressionnante. Peut-être même un peu trop impressionnante à mon goût. En l’espace d’une soirée, elle parvient à relier plusieurs disparitions à sa victime et décide de partir pour l’Allemagne, sur les traces des contes de fées.
On comprend rapidement que le tueur joue avec Mina et cherche délibérément à la guider. Malheureusement, j’ai trouvé l’ensemble assez facile et parfois brouillon. Surtout, le roman vend une promesse qu’il ne tient pas vraiment. On s’attend à une intrigue profondément ancrée en Roumanie, avec peut-être une exploration du mythe de Dracula, mais au final, on n’aperçoit guère plus qu’un château dont le lien avec le célèbre comte est même remis en question. Si vous espériez vous plonger dans le folklore transylvanien, vous risquez donc d’être déçus : Mina quitte la Roumanie après seulement vingt-quatre heures pour se lancer sur les traces des frères Grimm. On passe littéralement du coq à l’âne en l’espace d’un chapitre.
Cela dit, si l’on fait abstraction de cette première déconvenue, le début du roman reste efficace. Le rythme est soutenu, les lieux changent régulièrement et l’on se laisse porter par l’enquête. Mais arrivé à la moitié du livre, tout s’effondre. L’intrigue est pratiquement dévoilée : on connaît déjà l’identité du tueur ainsi que ses motivations. Et quelles motivations…
On se retrouve alors à lire ce qui ressemble davantage à un exposé qu’à un thriller : statistiques sur le nombre de lecteurs en Europe, comparaisons entre pays, évolution des habitudes de lecture… J’ai trouvé cela particulièrement artificiel et peu intéressant. On sent clairement que l’auteur cherche à faire passer un message — « lisez davantage » et « méfiez-vous de l’emprise croissante des nouvelles technologies » — mais celui-ci arrive de manière très maladroite et s’intègre difficilement à l’intrigue. À partir de ce moment-là, je suis complètement sortie du roman.
Le problème, c’est qu’il reste encore la moitié du livre à parcourir. Le tueur s’échappe, il faut donc partir à sa poursuite, mais toute tension a disparu. Révéler aussi tôt l’identité du coupable et ses motivations prive la seconde partie de son principal intérêt et rend le dénouement beaucoup moins captivant.
C’est dommage, car il y avait vraiment matière à construire quelque chose de passionnant. Mina reste un personnage intéressant à suivre et l’univers de départ avait un fort potentiel. Comme le titre le laisse espérer, j’aurais aimé découvrir davantage la Roumanie, ses paysages, ses légendes et son folklore si riche.
Et vous, qu’en avez-vous pensé ?
Bonne lecture,
Judith
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