Avec J’ai tué le professeur, nous plongeons dans un roman japonais contemporain qui s’intéresse à un sujet particulièrement présent dans la littérature japonaise : le système scolaire et la pression qu’il peut exercer sur ceux qui y évoluent.
À travers ce roman, Mina Sakurai nous propose un large aperçu des difficultés rencontrées aussi bien par les enseignants du secondaire que par leurs élèves. L’histoire s’ouvre sur la mort d’un professeur vedette du lycée, Jun Okusawa. Suicide ou meurtre ? Qui pourrait avoir voulu sa mort, et surtout, comment ce jeune professeur, aussi populaire auprès de ses élèves, aurait-il pu se faire des ennemis ?
Au fil des pages, nous allons apprendre à connaître Jun, mais surtout découvrir les personnes qui ont croisé sa route. Chaque chapitre fait entrer en scène un nouveau personnage — élève, collègue ou simple connaissance — susceptible d’avoir un grief à son encontre. Petit à petit, les pièces du puzzle s’assemblent et nous rapprochent de la véritable raison de sa mort.
J’ai trouvé le concept particulièrement intéressant. Entrer dans la vie de plusieurs élèves et découvrir, à travers leurs yeux, la relation qu’ils entretenaient avec Jun permet de dresser progressivement le portrait de cet enseignant. Mais l’autrice va plus loin puisqu’elle ne se limite pas à son entourage scolaire proche : elle élargit son récit à toutes les personnes qui ont compté, de près ou de loin, dans sa vie d’enseignant. Cette construction nous offre finalement une vision assez large de Jun et nous permet, en tant que lecteurs, de mener notre propre enquête. À chaque nouveau témoignage, on découvre une nouvelle facette du personnage et une nouvelle piste susceptible d’expliquer sa mort.
Le roman ne se contente d’ailleurs pas de proposer une enquête. Mina Sakurai en profite également pour dresser un portrait critique du système éducatif japonais. La pression exercée sur les élèves, les attentes auxquelles ils doivent répondre, mais aussi les rouages et les enjeux politiques qui se cachent derrière ce système sont progressivement mis en lumière.
C’est justement cette dimension qui m’a le plus intéressée dans le roman.
En revanche, j’ai eu beaucoup plus de mal avec sa structure, que j’ai trouvée assez redondante. Le principe repose finalement sur une succession de chapitres consacrés chacun à un élève, un enseignant ou une personne ayant connu Jun. Si le procédé fonctionne très bien au début, j’ai fini par avoir l’impression de suivre toujours le même schéma. Et cette répétition a malheureusement fini par alourdir ma lecture. J’ai trouvé le roman assez long et, à plusieurs reprises, même un peu laborieux. Je pense qu’il aurait gagné à être davantage resserré : le principe de construction aurait pu être conservé tout en supprimant certains passages ou certains témoignages, sans pour autant nuire au dénouement.
Aux alentours de la moitié du roman, j’ai donc commencé à décrocher et j’ai multiplié les pauses dans ma lecture. J’étais toujours curieuse de découvrir le fin mot de l’histoire et de comprendre ce qui était réellement arrivé à Jun, mais j’ai parfois eu le sentiment que l’histoire mettait beaucoup trop de temps à avancer. C’est donc une lecture assez mitigée pour moi. J’ai vraiment apprécié le concept, l’enquête et surtout la critique du système scolaire japonais, mais la construction du récit et ses répétitions ont malheureusement fini par prendre le dessus sur mon intérêt.
Une lecture en demi-teinte, donc, même si je reste curieuse de découvrir ce que vous en avez pensé. Alors, dites-moi : est-ce que vous avez lu J’ai tué le professeur ? Votre avis a-t-il été différent du mien ?
Bonne lecture,
Judith
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