After® – Auriane Velten

Hello, aujourd’hui je vous présente un coup de cœur, le roman After® d’Auriane Velten, 1er roman de cette jeune autrice alsacienne, qui a remporté le prix Utopiales 2021. Un roman SF et post-apo qui vous étonnera, et je l’espère vous enchantera autant que moi.

Résumé de l’éditeur


La Terre d’après. À l’abri d’un baobab, une société utopique, soudée par des règles strictes et bienveillantes, semble profiter d’une vie paradisiaque, totalement apaisée et égalitaire. Pourtant, l’un des membres de cette communauté ne peut s’empêcher de se poser mille et une questions sur tout, y compris sur l’avant. Une particularité qui fait de Cami la personne idéale pour remplir une mission d’exploration sous surveillance. C’est donc avec Paule que Cami part pour les terres renoncées, une zone inhabitée et hostile, en quête d’une mémoire oubliée. Rapidement, leurs découvertes dépassent l’entendement et les déroutent au-delà de ce qui peut être imaginé. Ce voyage risque bien de bouleverser leur vie… et l’humanité.



Mon avis :

Ce roman post-apocalyptique a été un énorme coup de cœur pour moi. Comme souvent, cela m’a bloqué et j’ai mis du temps à en parler, de peur de ne pas en faire assez bien l’éloge, ou de trouver les bons mots. C’est un vrai soucis que j’ai avec les romans qui me plaisent beaucoup : je n’arrive pas à en parler ! Pourtant c’est ceux dont j’ai le plus envie de partager mon expérience de lecture, et de vous donner envie de les lire.

Ce qui m’a réellement plus avec After®, c’est cette impression de vent de fraicheur. Je n’avais jamais lu ce type de récit (même si c’est un genre que j’apprécie particulièrement, il y a parfois un manque d’originalité.)

Nous sommes directement plongés dans une société dont il se dégage une atmosphère très étrange, voir sectaire. Les individus sont tous lisses, le fonctionnement est profondément égalitariste, mais cela semble presque « trop ».

Le langage est en écriture inclusive et tous les prénoms sont mixtes – c’est d’ailleurs perturbant et on voit facilement qu’on se projette en fonction de leur personnalité sur leur sexe supposé, on a du mal à rester dans l’incertitude du genre car c’est inhabituel. J’ai trouvé cet aspect très intéressant, car il m’a fait me questionner sur les clichés que mon cerveau entretient malgré moi. Mais le plus intéressant reste que ce n’est pas juste un exercice de style, l’écriture inclusive est au service de l’intrigue.

La population doit faire preuve de tempérance, sans quoi leur comportement est jugé anormal. Tous les individus s’auto-contrôlent, ils doivent et veulent être neutre : les émotions trop fortes ou négatives sont déviantes, il ne faut exclure personne (on n’a pas le droit de ne pas aimer quelqu’un), il faut toujours être bienveillant.

Ce microcosme ouvre la porte à une critique du dogmatisme et de ses dérives.

C’est d’ailleurs ce dogmatisme qui lance le récit. Les villageois sont invités à ne jamais se poser de question. Ne rien interroger, accepter tous les faits tel quel. Cela implique aussi de ne pas chercher à en savoir sur le passé de leur civilisation, sur leur environnement, etc. Toutefois le personnage principal, dont la curiosité est jugée déviante, va pouvoir mettre ce « défaut » à profit : le conseil du village va lui confier une mission de fouilles archéologiques pour découvrir les artéfacts de l’ancien monde.

C’est un univers fascinant, désertique, mystérieux. La population rescapée ne veut pas retomber dans les travers qui ont mené au cataclysme, ce qui explique son dogmatisme. Il y a peu de traces du passé et les écrits ne sont pas accessibles à tous, dans un souci de préservation de la population.

Difficile de vous parler de tout ce que j’ai adoré sans spoiler. Les éléments se dévoilent au fur et à mesure. C’est extrêmement bien écrit, captivant, tout est plausible.

C’est un livre bien plus philosophique qu’il nous parait au premier abord. Il nous fait nous questionner : qu’est ce qui fait notre humanité ? à quoi sommes-nous prêts à concéder pour notre survie ?

Je vous recommande chaudement ce coup de cœur, d’autant plus époustouflant que c’est un premier roman.

À très vite pour une nouvelle chronique,

Mélissa

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